Février 2017

Septembre 2013, naissance de l’APPAS.

Mars 2015, lancement des premières formations françaises à l’accompagnement sexuel et premières mises en relation dans la foulée.

Mars 2017, l’APPAS dénombre 117 adhérents et près de 600 demandes d’accompagnement à la vie affective, érotique et/ou sexuelle – dont malheureusement seules 25 % environ ont pu être satisfaites, essentiellement en raison d’un nombre d’accompagnant(e)s sexuel(le)s encore trop restreint et très inégalement répartis dans l’Hexagone, ainsi que de la localisation isolée et excentrée de beaucoup de demandeur(se)s, régulièrement trop éloigné(e)s des voies de communication principales, donc très difficiles à rencontrer.

Mais qui aurait imaginé une telle progression en si peu de temps ?

Et nous ne comptons bien évidemment pas nous contenter de ces avancées. Ainsi, au début de cette année, nous avons démarré une campagne de com’ sur les réseaux sociaux et une pétition sur change.org, afin de sensibiliser le grand public à notre cause – celle-ci a recueilli près de 1300 signatures depuis décembre, ce qui est nettement insuffisant pour être entendus efficacement mais néanmoins encourageant. De même, en parallèle des campagnes de com’ que nous avons prévues – que notre communicante, Chloé, qui nous a fraîchement rejoints, a concoctées et programmées –, nous allons faire un lobbying intensif auprès des parlementaires pour profiter de l’aspiration politique suscitée par la proximité des élections présidentielles. Sans compter l’organisation de la cinquième formation à l’accompagnement sexuel qui se déroulera au cours de ce mois de mars.

Et d’autres projets sont dans les cartons où ils restent cantonnés par manque de moyens financiers pour les mettre en œuvre. Au moins à ce niveau-là, il y a une stabilité, si j’ose dire. Le constat est certes désolant mais invariable d’année en année. L’APPAS aimerait faire bénéficier davantage de personnes en situation de handicap d’accompagnements à la vie affective, érotique et/ou sexuelle, mais également d’autres types de soutien inhérents à cette problématique, notamment pour les familles, qui plus est dans des conditions optimales, ce que nous n’avons pas la capacité de faire actuellement.

Nous avons deux solutions. Soit, trouver un ou des sponsors et autres financeurs – ce qui nécessite de la disponibilité, du temps et de l’énergie que nous n’avons pas forcément car nous ne sommes pas assez nombreux pour répondre à tous les besoins. Soit, être mieux soutenus par les personnes souhaitant bénéficier d’un accompagnement sexuel et de toutes celles qui font appel à notre expertise, ce qui est loin d’être le cas. En effet, la majorité des demandeurs et demandeuses trouve normal de profiter de ce service sans contrepartie autre que le coût relatif à un éventuel accompagnement sexuel. À tel point que cette majorité ne voit pas l’intérêt d’adhérer à cette association dont elle réclame, parfois de surcroît avec véhémence, les services comme si c’était un dû, alors même que cette adhésion ne s’élève qu’à 10 € par an pour les personnes « handicapées » ! Pourtant, cela représenterait pour l’APPAS un minimum de 6000 € de cotisations annuelles, une somme qui, aussi insignifiante qu’elle puisse paraître, pourrait aider l’APPAS à s’engager davantage.

Depuis le début, nous tablons sur le sens des responsabilités et de la solidarité des personnes en situation de handicap entre elles. Malheureusement, force est de reconnaître que loin s’en faut. Un très grand nombre de personnes en situation de handicap montre, jour après jour, son incapacité ou son refus à devenir pleinement responsables et solidaires, se comportant telles des assistées, comme pour ne pas déroger à l’image qui leur colle à la peau. Pour ma part, étant en situation de handicap moi-même, je déplore profondément une telle attitude, faite d’égoïsme, d’irresponsabilité et de calculs mesquins, du genre : « Si je ne reçois pas, je ne donne pas, car les autres je m’en fous » ou « L’accompagnement sexuel me coûte suffisamment cher, je ne vais pas aussi donner 10 €, surtout que je n’ai pas la garantie de pouvoir en bénéficier ».

Une avancée politique, sociale et juridique, repose invariablement sur la force et les convictions d’une communauté, d’une collectivité ou d’une nation. Il y a approximativement 8 millions de personnes en situation de handicap en France, auxquelles il faut rajouter les proches et les professionnels du médico-social, c’est-à-dire qu’il y a un potentiel pléthorique de soutiens possibles – même en soustrayant les personnes qui sont opposées à ce type d’accompagnement. On peut rêver. Ça tombe bien, il paraît que je suis un « utopiste réaliste »… Et, accessoirement, j’ai foi en l’humain et en son humanité.

Conclusion : je ne cesserai mon engagement que lorsque notre cause aura été entendue et reconnue à sa juste mesure. À moins que la mort ne me rattrape avant. Mais il doit bien y avoir un moyen de poursuivre le combat ailleurs …

Et vous ? Qu’allez-vous faire ?

Faites circuler notre pétition et soutenez-la ! Partagez notre campagne de communication entre vous ! Adhérez et encouragez les adhésions à l’APPAS ! Cela représente un investissement de cinq minutes et de 10 €… Que cinq minutes et 10 € ! S’engager plus pour offrir plus, aurait pu dire un illustre retraité…

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