Septembre 2018

La mue de l’APPAS

Septembre, le mois de la rentrée. Pour l’APPAS, c’est celui de l’Assemblée Générale. Mais une AG particulière car, après une année très difficile, financièrement et humainement, l’APPAS se restructure afin d’essayer de pouvoir continuer à offrir ses services aux personnes en situation de handicap, de plus en plus nombreuses à solliciter un accompagnement à la vie affective, sensuelle et/ou sexuelle (plus de 1200 demandes en trois ans et demi).

La moitié du Conseil d’administration va changer, en raison de départs et du renouvellement par tiers de ses membres. Par la force des choses et, nous espérons, pour son bien, le bien de toutes celles et tous ceux qui croient en l’association, ont besoin de ses services et de son expérience spécifique. L’APPAS fait peau presque neuve avec l’apport de sang neuf, d’autres énergies, d’autres fois, d’autres idées et, si tout va bien, d’autres projets.

Aujourd’hui, l’APPAS est dans une phase difficile, délicate à gérer. D’une part, elle pâtit cruellement d’un manque de moyens financiers qui l’empêchent de se développer et, pire, de tenir toutes ses promesses. D’autre part, elle fait les frais d’une crise de croissance, après cinq années d’existence et d’engagement individuel. Le bénévolat est chronophage et usant nerveusement et moralement. Surtout si on est constamment obligé de reporter, de renoncer, d’attendre, de se battre pour réaliser le minimum, en l’occurrence la formation des futurs accompagnants sexuels et la gestion de l’association.

Ce type de périodes est propice au découragement et aux remises en question, aux interrogations aussi. Oser braver la justice, assumer d’être dans l’illégalité, cela plaît aux médias et aux personnes « handicapées » souffrant de misère affective et sexuelle, pas à l’administration, aux bien-pensants et à la majorité des politiques, ni aux gouvernements successifs. De ce fait, il est très difficile de se faire subventionner, d’avoir des dons importants. Et par conséquent, il est impossible d’embaucher des personnes qualifiées pour faire fonctionner et avancer l’association.

Pourtant, nous voulons encore y croire. Croire que l’APPAS a un avenir, qu’elle peut perdurer et grandir pour continuer à défendre son éthique et offrir son expérience spécifique.

Celles et ceux qui ont encore la foi et qui ont décidé de s’accrocher au navire qui tangue, le font par fidélité à ces personnes en situation de handicap auxquelles nous avons redonné de l’espoir, fait découvrir leur corporéité, leur sensualité voire leur sexualité, leur apportant confiance en soi, mieux-être et reconnexion à leur corps.

Cependant, il faudra avoir de la patience et de l’indulgence. Il faudra également davantage de solidarité et de soutiens, d’engagements de la part des personnes qui sont convaincues par la cause que nous défendons, davantage d’adhésions et de dons. Plus nous aurons de moyens pécuniaires, plus nous aurons les capacités de continuer, de nous renforcer et de mettre en œuvre des projets en faveur des personnes en situation de handicap. Sinon, malheureusement, l’avenir de l’APPAS est compromis en l’état actuel de sa situation.

Et à l’impossible nul n’est tenu. Toute énergie et force ont leurs limites.

Dans nos sociétés consuméristes et libérales où l’argent est roi, il ne suffit pas d’être d’accord, de vouloir (un accompagnement sexuel, par exemple) ou de nous encourager moralement, il faut également relever les manches. Il est urgent de s’engager à nos côtés, avec ses moyens propres pour défendre la cause portée par l’APPAS, l’unique association en France à proposer de l’accompagnement sexuel donc à assumer d’être juridiquement considérée comme étant en infraction contre la loi.

L’avenir vous appartient si vous croyez en notre cause commune.

Et vive la liberté sexuelle. Vive la liberté, tout court.

1 réflexion sur “Septembre 2018”

  1. En voilà une cause à soutenir aussi avec le caritatif de tout son être et matériellement que de se lamenter et ruminer seul dans son coin à désespérer

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