L'accompagnement sexuel, témoignages


Marie, 38 ans

Dans ma pratique professionnelle d'infirmière, je suis quelquefois témoin (pour ne pas dire souvent) d'inépties et d'incompréhensions de la part des soignants, quelques soient leurs fonctions, d'ailleurs.

Je ne supporte plus ces manques, ces décisions d'autorité que j'associe à une forme de maltraitance d'autant plus insupportable qu'elle est bein pensante.

J'ai mûrement réfléchi, j'ai beaucoup lu, jeme suis documentée à défaut de pouvoir suivre en France une formation qui n'est pas autorisée... je souhaiterais proposer mes services comme accompagnante sexuelle, car je suis intimement convaincue que je pourrai réellement apporter ma pierre à l'édifice, que ça me plairait et que je pourrai être utile.


Emilie, 50 ans

Je suis Aide Medico Psychologique en Maison d'accueil spécialisée et Foyer d'accueil médicalisé.

Je trouve déplorable que dans notre société dite évoluée, nous soyons obligés, nous soignants de personnes en situation de handicap, d'attendre l'accord des Tuteurs ou Tutrices pour conduire les personnes qui nous en font la demande à des professionnel(le)s du sexe !

J'ai appris récemment que des demandes avaient été faites depuis 3 ans !

Où va t-on ? 

Pourquoi le droit au sexe gêne t-il tant que ça ?

Et si on privait ces Tuteurs et Tutrices de sexe pendant des années, qu'en penseraient-ils, eux ?

Franchement déplorable !

Continuez votre combat, l'équipe de l'APPAS, et croyez bien que je serai la première à militer avec vous !


Léonore

Pour être tout à fait honnête, j'ai toujours eu envie d'être travailleuse du sexe sans jamais oser passer à l'acte, trop dangereux, incertain, réprouvé par la morale.

Je me retrouve beaucoup dans le témoignage magnifique d'Aline, la prostituée, publié dans Langue de Putes : « Et si les gens étaient fait pour s'aimer ».

Ma vie est passée, je me suis mise en couple, j'ai élevé mes enfants en me coupant du monde professionnel... Les enfants ont grandis et j'ai décidé de faire une formation d'aide-soignante.

Durant cette formation, lors d'un stage, j'ai vécu une expérience sensuelle avec un monsieur lourdement handicapé.

Cette expérience m'a profondément marquée, je me suis posée plein de questions : suis-je normale, suis-je perverse... ? J'ai même consulté une psychothérapeute qui m'a plutôt rassurée.

Alors j'ai commencé à faire des recherches, j'ai découvert l’existence du « métier » d'assistante sexuelle dans les pays du nord de l'Europe, de la formation en Suisse... J'ai lu des livres de Marcel Nuss, de Catherine Aghte Diserens et Françoise Vatré, je suis allée à des colloques sur la question du handicap et de la sexualité, j'ai rencontré des militants de la cause...

Tout ça me trottait dans la tête mais, travaillant à temps plein dans un hôpital, je n'avais ni le temps ni l'énergie pour me lancer dans une telle aventure.

Jusqu'au jour où épuisée par mon travail, j'ai saisi une opportunité pour travailler à mi-temps. Là, je me suis dit que c'était le moment de passer à l'action, c'était 3 ans après ma fameuse expérience de stage...

Cela fait maintenant 9 mois que j’ai commencé à rencontrer des personnes en situation de handicap pour des rendez- vous intimes et sensuels.

A mes premiers contacts qui ne comprenaient pas bien la différence avec la prostitution, j’expliquais que je n’avais aucune obligation de résultat. Que c’était avant tout une rencontre entre un homme et une femme. Certes, il y aurait des massages, des contacts peau à peau, des caresses érotiques et sensuelles, mais n’étant pas une escort, je ne me sentais pas obligée d’aller plus loin. Je fonctionne au feeling…

Je me suis rendue compte qu’il n’y avait pas une assistance sexuelle mais bien des assistances sexuelles comme autant de handicap.

J’interviens auprès de personnes qui n’ont pas ou plus accès à leur corps, comme des myopathes ou des malades souffrant de sclérose en plaque.

Ou encore des personnes qui ont mal accès à leur corps, comme des IMC ou d’autres nés avec des maladies génétiques très invalidantes.

Enfin, je vois aussi des hommes paraplégiques victimes d’accidents de la voie publique.

L’approche est donc très différente selon que je rencontre un homme qui a connu une vie sexuelle de valide antérieurement, ou une personne qui n’a pas ou peu d’expérience en la matière.

C’est sans aucun doute avec des personnes en situation de handicap de naissance, que j’ai le plus le sentiment de faire de l’accompagnement sexuel. Car je ne prodigue pas seulement des caresses, je partage ma connaissance de la sexualité, j’ai un rôle pédagogique. Les hommes IMC veulent savoir comment faire l’amour à une femme, ils se demandent s’ils vont être capables de lui donner du plaisir. Certains sont dans l’action à tout prix ce qui me complique beaucoup les choses à cause de leurs mouvements athétosiques. A défaut de câlins, je cherche à éviter les coups. Je dois alors expliquer sans vexer que c’est d’abord dans le lâcher-prise qu’une rencontre sensuelle sera possible. Certains comprennent et évoluent, d’autres, découragés, ne m’ont pas recontactée… Dans ce genre de situation, j’aimerais pouvoir échanger avec des professionnels du handicap, des sexothérapeutes, des médecins, des psy… Peut-être que l’APPAS pourra m’apporter des réponses, c’est vrai que je me sens assez isolée parfois…

Parmi tous ces hommes, il y a une femme qui n’a pas accès à son corps et que j’ai rassurée sur ses capacités à ressentir du plaisir sexuel. Je lui ai confirmé qu’elle n’était absolument pas handicapée de ce côté-là. Je me suis inquiétée de lui avoir fait découvrir cette chose merveilleuse qu’est la sexualité féminine comme une boite de Pandore ouverte sur un monde de frustrations. Elle m’assure que je lui ai « sauvé la vie » et qu’elle est suffisamment grande pour savoir gérer les frustrations, comme elle l’a toujours fait dans sa vie semée de frustrations…

Là encore, j’aimerais pouvoir échanger sur ce sujet : on fait découvrir un univers extraordinaire et qui semble infini à des personnes qui ne faisaient que l’imaginer… Et après il se passe quoi pour elles ? Il ne faut pas se leurrer, rares sont ceux qui pourront vivre une sexualité en dehors d’une rencontre tarifée…

J’aime énormément cette activité qui m’apporte beaucoup sur le plan humain et qui m’a révélée à moi-même. Je m’y sens à ma place, il me semble faire ce pourquoi j’ai toujours été faite, car la sexualité a toujours tenu une place primordiale dans ma vie liée au lien privilégié que j’entretiens avec mon propre corps. Depuis toujours je suis à l’écoute de celui-ci grâce à une pratique assidue de la danse, du chant, du sport, du yoga…

Il me semble que je reste dans le domaine du soin en exploitant des aptitudes particulières qui ne peuvent pas s’exprimer dans mon métier d’aide-soignante.

Le plus difficile à gérer reste mon compagnon qui souffre de cette situation et qui a du mal à comprendre mon engagement malgré son ouverture d’esprit et notre entente sexuelle. Il a aussi très peur pour moi, peur que je sois reconnue, peur de me perdre… C’est la raison pour laquelle je ne sais pas si je pourrai poursuivre cette activité encore longtemps…

L’autre problème est que j’exerce dans la clandestinité et que mon travail n’est pas comptabilisé pour ma retraite.

Dans une société idéale, je rêve que l’assistance sexuelle puisse s’exercer en toute transparence en collaboration avec une équipe pluridisciplinaire, dans la reconnaissance de la sexualité comme acte de soin pour les malades et les personnes en situation de handicap.

J’espère qu’une association comme l’APPAS sera en mesure de faire bouger les mentalités en France.


Nathalie

Je suis éducatrice spécialisée pour l'Associations des Papillons Blancs de Dunkerque. J'accompagne des personnes adultes déficientes intellectuelles dans un service d'accueil de jour. Je suis moi-même sensibilisée également par la question liée à la vie affective et sexuelle car je suis bisexuelle et fais partie d'une asso gayfriendly à Dunkerque. Les difficultés que j'observe dans ma vie professionnelle quant à la vie affective et sexuelle des personnes que j'accompagne : les personnes n'ont pas ou peu  d'information et  d'éducation sur le corps et encore moins sur le sexe. J'ai pu constater cela en évaluant les personnes afin de créer des groupes paroles sur la vie affective et sexuelle, que je réalise une fois par semaine avec un psychologue. Peu de personnes savent nommer les parties de leur corps, ils ont bcp d'à priori également sur le sexe, "c'est sale". Beaucoup d'idées reçues aussi sur le sexe de la femme comme si elle n'en avait pas. Les émotions ne sont pas connues non plus, ou peu. Elles ne sont pas parlées. Il y a la peur de  parler de ce sujet aux parents, même aux professionnels. Certains professionnels ne savent pas non plus toujours répondre à ces questions quand elles apparaissent, notre formation est très variée, beaucoup de sujets, mais pas toujours d'approfondissement. Nous travaillons pour les groupes paroles avec le support de la valisette "des hommes et des femmes". Je pense que l'accompagnement à la vie sexuelle serait bénéfique pour ces adultes en recherche, demande, besoin d'affection et aussi de relation sexuelle avec un partenaire (ou même pour apprendre à se toucher seul). Ils ne trouvent pas toujours ce partenaire car ils habitent en famille et ont peu de possibilités de rencontrer des personnes dans la même demande qu'elles et dans la possibilité de leur apporter en toute sécurité et dans le respect ce qu'elles recherchent. Je pense que des assistants sexuels formés pourraient procurer un réel épanouissement aux personnes que j'accompagne. Comme pour toute personne adulte, la sexualité est source d'épanouissement. Quand elle ne peut pas s'exprimer en mots ou en actes, cela est source de frustration, de violence, de régression... En tant qu'éducatrice spécialisée, je ne peux pas répondre à ce besoin exprimé par les personnes car je ne me sens pas apte et formée à cette démarche. J'attends donc que de nouveaux professionnels (les assistants sexuels) complètent ce que je ne peux pas faire et ce que je sais pourtant serait  bénéfique et nécessaire pour les adultes que j'accompagne. S'il existait des assistants sexuels en France je pourrais orienter certaines familles et certaines personnes dans ces demandes. Actuellement je ne peux que faire des groupe paroles sur ce sujet, malheureusement aussi à contre coeur réfréner les élans affectifs de certains adultes envers certaines jolies femmes abordées maladroitement au hazard dans la rue ; j'attends de ces assistants sexuels qu'ils accompagnent de façon respectueuse, digne  et personnalisée les demandes des personnes : des simples caresses pourraient parfois être suffisantes, ou des mains à guider pour apprendre à se masturber ; un accueil des parents, un dialogue pour rassurer, j'attends aussi bien sur des assistants sexuels  pour les femmes et les personnes homosexuelles.

J'espère que mon témoignage pourra vous aider, merci à vous de lutter pour ce droit, tenez bon !


Pierre Nazereau, 55 ans

Je m’appelle Pierre, j’ai 55 ans, et je suis atteint d’ostéogenèse imparfaite, maladie dite des « os de verre ». J’ai une forme sévère de cette maladie, puisque je ne marche pas, et je peux difficilement m’assoir. Je vis donc allongé, au niveau du sol, dans un appartement totalement adapté, qui me permet d’être indépendant et autonome.

J’ai une vie sociale et amicale que je qualifierais de « normale », contrairement à ma vie sexuelle et amoureuse qui était inexistante, jusqu’à il y a peu. A cause de mon physique, les femmes se détournaient de moi, et même s’il m’arrivait de penser à faire appel à des prostituées, cela m’était très difficile, puisque j’ai vécu en famille jusqu’à l’âge de 48 ans.

Une fois que j’ai réussi à quitter ma famille, j’ai commencé à y penser plus sérieusement… Malgré tout, je dois avouer que j’avais peur, ne sachant pas comment m’y prendre pour faire venir quelqu’un chez moi (je ne peux pas me déplacer seul), avec les risques que cela présentait, et sans savoir si j’étais « capable »… Et puis cela n’était pas ou plus vraiment une urgence, ayant presque fait mon deuil de certaines choses, et la relation amoureuse me manquant nettement plus que la relation physique….

Début 2011, je me suis quand même décidé à aller sur un site de rencontres « libertines », pour ne pas mourir sans avoir connu au moins une fois un corps de femme, et très rapidement, je suis rentré en contact avec une escort, qui a accepté de venir chez moi. Après quelques discussions par internet et par téléphone, un rendez-vous fut fixé. Le hasard ou le destin a voulu que je me casse un bras, quelques jours avant la date de ce rendez-vous, et après un long séjour à l’hôpital, c’est une amie qui m’a fait l’immense cadeau d’être ma « première »… Mais ceci est une autre histoire….

Après, j’ai quand même voulu reprendre rendez-vous avec l’escort rencontré sur le net, avec qui j’étais toujours en contact, et qui était même venue me rendre visite « amicalement », à l’hôpital… Heureusement que cette première expérience avec une escort n’a pas été ma première expérience tout court, car ce fut un véritable échec, et je dirais même une arnaque. Nous nous entendions pourtant assez bien (j’ai d’ailleurs toujours de ses nouvelles), mais quand elle est venue, elle est restée habillée, et j’ai eu juste droit à une fellation avec préservatif, le tout pour 200 euros… Un peu décevant, malgré tout…

Ensuite, sur le même site web, j’ai rencontré une jeune étudiante qui a accepté de venir. A notre premier rendez-vous, elle n’était pas très à l’aise, et j’ai appris que j’étais son premier client. Mais elle est restée, et tout s’est très bien passé. Elle avait un peu peur et ne savait pas trop comment s’y prendre avec moi pour ne pas me faire de mal, mais j’ai su la rassurer, et finalement nous en avons ri. Ensuite elle est venue régulièrement, pendant plus d’un an, et même une fois elle est venue par surprise, et sans me demander de l’argent. Et puis elle a arrêté, malheureusement, à cause de ses études ou d’un amoureux, je n’ai jamais su…

Après, j’ai rencontré une autre jeune femme, toujours sur le net, qui d’abord a refusé ma proposition, puis l’a accepté. Elle aussi est venue régulièrement chez moi, pendant environ 9 mois, parfois c’était pour une visite « amicale », et d’autres fois pour une relation tarifée… Sexuellement, c’était très bien, mais sa relation avec moi était bizarre… Pourtant je ne me suis pas assez méfié d’elle, et lors de sa dernière visite, en mars, où elle m’a sorti le « grand jeu », elle a réussi à me voler 2 chèques non libellés. Et elle en a encaissé un (700 euros…), avant que je m’en aperçoive…

Voilà toutes mes expériences… Depuis je n’ai vu personne, n’ayant pas été en contact avec quelqu’un en qui je pouvais avoir confiance, ma dernière rencontre m’ayant pas mal refroidi. J’ai un site spécialisé dans les escorts, site qui est sans doute plus « sûr », mais les tarifs demandés sont assez élevés, voire trop élevés pour moi….

Aussi, dans le projet de l’APPAS, je trouve que la création d’un site internet est une idée très intéressante. Il existe beaucoup de sites de rencontres sexuelles, sur le net, pour ça, ce n’est pas très difficile de rentrer en contact avec des femmes, mais ces sites sont pollués par ce que j’appellerais des « arnaqueuses », et il est très difficile de faire le tri. De plus, les personnes en situation de handicap sont souvent vulnérables, en manque affectif et sexuel, et sont des proies idéales pour des personnes qui savent très bien s’y prendre, j’en sais quelque chose.

Alors si votre site peut mettre en relation des travailleurs du sexe avec des personnes handicapées, par votre intermédiaire, et en filtrant les personnes néfastes ou dangereuses, c’est à mon avis une très bonne chose pour ceux qui comme moi qui veulent juste un peu de plaisir et de douceur, sans prendre trop de risques…

Je vais donc suivre l’évolution de l’APPAS, d’autant plus que je suis adhérent, et je vous souhaite beaucoup de forces et de courage, avec cette stupide politique abolitionniste prônée par le gouvernement actuel, tout comme le précédent.


Audrey, 32 ans

Je m'appelle Nanou, j'ai 32 ans. Le témoignage que je vous apporte se déroule entre l'âge de mes 18 et mes 25 ans, date de mon premier mariage.

Après plusieurs petits boulots en tant que serveuse puis hôtesse, prenant conscience que j'étais une fille « pas trop mal fichue », et que je plaisais aux hommes, j'ai décidé de me mettre à mon compte en tant qu'escort girl.

J'ai pratiqué cette activité pendant quelques années en ayant, au fil du temps, une image de plus en plus dégradée de moi...

Puis j'ai rencontré mon second mari, qui deviendra le père de ma fille. Il était porteur d'un handicap.

J'ai découvert qu'il avait un « autre contact », une autre image de l'amour et du sexe.

A partir de là, mes rencontres avec des personnes en situation de handicap furent de plus en plus fréquentes et je pris conscience de leur « manque de sexe et de sensualité » et de leur souffrance face aux regard des autres. C'est ainsi que commença ma vie d'accompagnante sexuelle. Une vie entourée de handicaps, sans rien connaître du handicap. Je n'y ai toujours vu que le côté humain et sexuel, et non « pathologique », que je laisse aux médecins.

Au bout de 6 ans de vie commune, j'ai décidé, il y a un an, de quitter le père de ma fille. Je suis aujourd'hui devenue son auxiliaire de vie et son accompagnante sexuelle.

Je rencontre également des hommes en situation de handicap et suis navrée de savoir, que, quelque part, j'ai déjà du en blesser certains, notamment sur le plan de l'affect de certains, plus sensibles.

Aujourd'hui, en me tournant vers l'APPAS entre autres, je fais le choix de me documenter, de parler avec des personnes connaissant le sujet de l'accompagnement sexuel afin de pouvoir recommencer cette nouvelle vie à mi temps.


Jean-Paul Rase, 51 ans

Ayant accompagné une personne atteinte d'Infirmité Motrice Cérébrale dans la démarche de trouver des réponses à ses besoins affectifs par l'assistance sexuelle, je puis confirmer que les personnes rencontrées ont un respect et un savoir-être qui donnent franchement des leçons de vie. Ca se situe tellement dans une autre dimension que ce n'est pas comparable du tout à de la prostitution. Il serait judicieux que les politiquent aillent à la rencontre des personnes plutôt que de juger depuis un bureau tellement loin du coeur de la vie.


Autres témoignages...


Témoignage de Rémi, opposant à l'accompagnement sexuel >> https://seenthis.net/messages/350003

Témoignage de Nina de Vries, accompagnante sexuelle Néerlandaise exerçant en Allemagne essentiellement auprès de personnes en situation de handicap mental >> http://ninadevries.com/francais.html

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