Août 2014

Par Brigitte LAHAIE – (ex Marraine de l’APPAS)

Le concept de santé sexuelle a été reconnu par l’OMS (organisation mondiale de la santé), il y a déjà de nombreuses années. Ce qui signifie que tout humain, sur cette planète, a le droit de vivre une sexualité. En tout cas, chaque Etat devrait reconnaître à chacun de ses citoyens des droits sexuels.

Bien sûr, l’être humain n’est pas un animal et sa sexualité est toujours complexe et individuelle. On ne pourra jamais définir, une fois pour toute, ce qu’est le besoin sexuel d’un homme ou d’une femme. Tout comme la définition de la norme sexuelle reste une définition fluctuante.

Néanmoins, nous devrions pouvoir reconnaître à chacun un droit à « sa liberté sexuelle ».

Si un individu peut préférer n’avoir aucune sexualité, cela n’en fait pas pour autant un être anormal. Il a sans doute sublimé sa sexualité ou a choisi de la refouler, à moins qu’il n’accepte la frustration que lui impose son ou sa partenaire. Bref, il reste libre par rapport à lui-même.

Mais, quand cette absence de sexualité est due à des contraintes imposées par son état de handicap et par une société peu encline à l’aider dans ses désirs ; on peut, et j’ose le dire, parler de maltraitance ou, en tout cas, de non-assistance à personne en souffrance.

Voilà pourquoi il serait grand temps, en ce début de XXI siècle, d’aborder en toute conscience la question de la sexualité des personnes en proie à un handicap. Qu’il soit physique ou mental.

L’un des premiers préjugés à faire tomber, et non le moindre, c’est cette tendance chez le plus grand nombre de gens, à lier sexualité et reproduction.…

Alors, si en effet, il me semble peu propice de laisser des personnes handicapées mentales devenir parent puisqu’on sait à quel point un enfant peut être perturbé lorsque son père et, à plus fortes raisons, sa mère ne peuvent pas lui apporter le minimum de soins, restons prudent et prévoyons une contraception adaptée à ceux-là.

En revanche, les autres personnes handicapées physiquement, même gravement, sont tout à fait aptes à élever correctement un enfant. Je dirai même que leur handicap peut parfois les avoir rendues encore plus responsable de ce qu’est la vie et ses avatars.

Autre tabou à lever, la notion de violence sexuelle. Et cela demandera sans doute également un véritable travail en amont.

Soyons lucide, la violence sexuelle existe bel et bien dans notre société.

Violence auprès des enfants, qui ne sont pas respectés dans leur enfance, attouchements etc…

Violence auprès des femmes trop souvent agressées parce qu’elles sont du « sexe faible ».

Viols et autres maltraitances du corps, harcèlements sexuels sur le lieu de travail.

Violence auprès des personnes âgées, notamment dans les maisons de retraite où l’intimité est parfois bafouée.

Violence de certains personnels soignants qui ne respectent par le corps du patient.

Violence dans la manière d’aborder la question de la prostitution, notamment en voulant pénaliser ces pauvres clients

Violence vis-à-vis des femmes ou des hommes qui osent abuser de leurs charmes à des fins mercantiles et à qui on ne reconnait pas de statut digne de ce nom

Et bien sûr, violence dans le refus d’apporter un bien-être sexuel aux personnes handicapées.

Cette liste n’est d’ailleurs peut-être pas exhaustive !

Pour avancer, il serait temps de mettre le corps à sa juste place, reconnaître les bienfaits d’une sensualité harmonieuse. Pour le bien-être de tous…

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