Juillet 2016

« On peut être sérieux sans être tristes »

Curieuse entrée en matière que ce titre ?

Je m’empresse de donner une explication : il s’agit de la « devise » du Centre Droit & Santé’ que j’ai l’honneur d’animer depuis de nombreuses années.

Passant de la parole aux actes, depuis plus d’une décennie, nous organisons un « concours » annuel francophone de plaidoirie en droit de la santé. Nous recevons, donc, des quatre coins de la France et des pays francophones des étudiants, qui par équipes de quatre, vont s’affronter dans le cadre des « 24 heures du droit de la santé ». Le « sujet » posé est, chaque année, un film tourné par l’équipe pédagogique du Centre. Assurément, le 7ème art n’en sort pas grandi, mais c’est pour nous l’occasion de nous amuser sous un prétexte des plus sérieux.

Lassés des éternelles et inépuisables questions de responsabilité médicale, nous avons décidé cette année d’aborder un thème jusqu’alors inexploré dans notre concours : la sexualité en « institution ».

Le titre du « film » ? « La clinique de la forêt vierge » ou « la villa trouble-fourrer » selon les versions…

Les rôles ?

Les forces de l’ordre : Captain Morgan et  Lieutenant Boudyoncé ; Les professionnels de l’établissement de santé : Docteur Sissy Phylis, Lauren Champagne,  Nancy Cagole, Sir Gims ; La patiente : Lady Ellen da Roz ; Les accompagnants : Douglas Vanille,  Mickael Malibu,  Jean Phil.

Le « pitch » est sans prétention d’originalité.

Les personnes accueillies à la clinique sont, quand elles le souhaitent, accompagnées sur « une aire d’autoroute » dans  un véhicule de l’établissement. A la suite d’un accident de la circulation, le Conseil d’administration de l’institution décide « d’internaliser » les prestations d’accompagnement… !

Les ennuis commencent. A la suite de l’intervention des forces de l’ordre, le Directeur Sir Gims est mis en cause pour proxénétisme par entremise.

La suite ?

Elle relève de l’inventivité des étudiants plaideurs qui se sont opposés après 24 heures de préparation.

Nous étions, cette année, accueillis pour le concours dans la ville de Lamalou les Bains, dans l’arrière pays héraultais. Les plaidoiries se sont déroulées, en public, dans le théâtre de la ville. De nombreux directeurs d’établissements de santé, des élus locaux, des « usagers’’ ont assisté aux prestations des étudiants.

Pourquoi évoquer, ici, cette manifestation ? Pour rappeler que tous les moyens sont utiles pour aborder une question qui dérange encore beaucoup de monde. Modestement, les 24 heures du droit de la santé auront permis de sensibiliser les étudiants (futurs professionnels du secteur de la santé), mais aussi le public, notamment les directeurs et les cadres qui ont assisté aux plaidoiries. A la suite de ces journées, plusieurs demandes de formation ont été émises.

C’est peu ? C’est un début.

Pour ne pas le vexer, j’ajouterai que l’équipe lauréate venait du Master de droit de la santé de Nancy, dirigé par un certain Pr. PY.

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