Août 2016

Par Carol BORGO

L’espoir est le fait d’attendre avec confiance la réalisation de quelque chose de favorable et que l’on désire et souhaite.

Croire, souhaiter, désirer… L’espoir est tellement lié à la condition humaine qu’un proverbe populaire bien connu dit :

« l’espoir fait vivre ».

Depuis des mois que je me creuse la tête pour trouver une solution légale afin que l’un des miens puisse avoir accès librement à une sexualité et ne désirant pas avoir recours à la prostitution clandestine, je me suis posée des centaines de questions, j’ai lu des articles favorables ou défavorables à l’accompagnement sexuel et il me semble évident aujourd’hui que nous rentrons dans la non assistance à personne en souffrance… qui se rapproche de la non assistance à personne vulnérable ou en danger !

Si l’on revient à la notion de la non assistance à personne en danger, on sait que ce  n’est pas un délit fréquemment poursuivi et encore moins condamné, car sa particularité n’est pas de reprocher à quelqu’un d’avoir commis un acte mais bien, au contraire, de n’avoir pas agi !

Si certains opposants fermes pensent que l’accompagnement sexuel constitue une atteinte inacceptable aux droits et à la dignité des humains, il faudra donc entendre aussi que le non agir constitue une infraction.

Parler à la place de quelqu’un, de ses envies, de ses désirs et fantasmes, pourrait   paraitre déplacé, osé… Il n’en est rien et je suis tout à fait à l’aise pour en discuter et aller de l’avant afin de faire avancer et bousculer tous ces faux tabous, qui ne sont sur le fond qu’une manière de se rassurer d’être dans la norme et de ne rien faire de mal. C’est typique, presque tragique et tout simplement français.

A l’époque où le web nous inonde de pornographies en gros plan et où les forums sur les sexualités ont banalisé ce qui était considéré avant comme hard, à l’époque  où les clubs échangistes et autres se multiplient, il est un peu dénué de sens de parler de droit à la dignité dès qu’on aborde le sujet sur la sexualité des personnes en situation de handicap et surtout de ne rien envisager. Il me semble tout à fait normal que les portes du plaisir soient ouvertes à tous.

Si ces discussions sont remises sur le tapis cette dernière décennie, il faut bien reconnaitre que nous n’avançons pas vraiment et les années passent sans qu’il soit proposer des solutions concrètes alors que la Suisse, l’Allemagne, l’Italie et bien d’autres pays ont avancé sur ce sujet.

Se cacher derrière un écran pour calmer ses hormones et parler de sexe avec des inconnus, (dont on ne saura pas l’âge) n’a plus  rien d inquiétant, organiser des « parties » chez soi entre amis est devenu monnaie courante, mais envisager  qu’une personne en situation de handicap fasse appel à un accompagnant sexuel s’avère impossible et presque illégal !

A l’annonce de la conférence sur le thème Sexualités et Handicaps, notre association EDEN a reçu de vives critiques de la part de familles concernées. En effet, ce sujet reste encore tabou d’autant plus que nous habitons en milieu rural et  l’un des parents  m’a dit très ouvertement : « mais vous ne croyez pas que l’on a autre chose à faire que de penser à ces choses-là ?? ». Je reste encore stupéfaite de cette réflexion.

De mon côté, avoir osé dire que, personnellement en tant que mère d’un jeune adulte en difficulté, je cherchais à répondre aux besoins qu’exprimait mon fils, a fait de moi une véritable proxénète et une mère indigne.

Donc que les  personnes handicapées aient accès à l’amour, à l’affection, à la sexualité ou au plaisir… NON !

Ils n’ont pas besoin de cela, et d’ailleurs c’est trop dangereux, trop complexe, on ne veut pas entendre parler de tout ceci.

Je n’irai pas jusqu’à affirmer que la problématique est simple, mais des solutions existent pour que chacun de nous puisse accompagner ses proches et faire en sorte que leur vie ressemble à celle qu’ils auraient aimé avoir, chargée d’émotions et de découvertes. Nous savons que toutes ces sensations sont d’excellentes armes pour un épanouissement global et que celles-ci unifient corps, mental et esprit.

Il existe des centaines de façons de faire ses premiers pas dans l’échange et le partage avec l’autre, et aujourd’hui, je parlerai du massage tantrique, qui est comme tous les massages en France, pratiqué, autorisé et surtout légal.

C’est une technique bénéfique et ouverte à tous, en situation de handicap ou pas.

Il est en lien avec les enseignements sur la sexualité et constitue un échange subtil où l’abandon de soi ouvre les portes du plaisir.

Certes, devant le caractère fortement érotique de ce massage, il faudra aller à la recherche d’un bon masseur, en sachant que la technique du tantrique n’a pas de normes figées.

Heureusement, il existe des masseurs et des masseuses de grands talents, qui par leur compréhension personnelle du tantrisme et une grande générosité de cœur, obtenue souvent par un important travail sur soi, sont à même de proposer de merveilleux voyages.

Les mains du masseur, de la masseuse glissent des pieds à la tête de son partenaire et l’idée est d’introduire dans le corps un frémissement, une vibration, qui rend toute pensée difficile.

Cela débloquera des émotions pour permettre d’accéder aux sensations bénéfiques du toucher.

Pour conclure, et en attendant que l’accompagnement à la vie sexuelle et que les formations professionnelles d’accompagnants sexuels soient reconnues et valorisée, accompagnons nos proches en situation de handicap vers des solutions à portée de mains.

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